L’Armor-aux-rats

Publié par lalettrealulu le

Alialo

Poussée de peste brune bénigne, sous forme d’affiches aux slogans délicats (« pas de mosquée en Bretagne », « La Bretagne aux Bretons ») collées à Nantes et Orvault cet été. Le mouvement breton s’étend à l’extrême-droite. Depuis l’Occupation, personne n’osait s’afficher aussi ouvertement. L’Adsav – prononcer adsao – l’a fait. Un groupuscule sous la houlette de Patrick Montauzier, ex-président fondateur du POBL et ancien de l’ARB dont le fait de gloire est d’avoir fait péter les dorures de dix salles du château de Versailles, en juin 1978, avec 15 ans de taule à la clé, peine amnistiée en 1981. À Nantes, le ganguscule apparu au printemps dernier compte une dizaine d’adeptes et deux responsables, deux skinheads en reconversion après l’échec du lancement des Naoned Korps, un clan de supporters ultras à la Beaujoire. Du hooliganisme au nationalisme breton, il n’y a qu’un pas, de l’oie bien sûr. L’Adsav affiche un bretonnisme musclé, défend les « ethnies européennes », s’énerve contre « l’empire ploutocratique et le cosmopolitisme », « l’immigration massive et incontrôlée qui confine à l’invasion », prône la « préférence communautaire » qui « exclut la possibilité de l’adhésion à la fédération de peuples étrangers à notre culture européenne (Turquie, Maghreb)». En avril, à Nantes, ces ultras minoritaires n’ont réuni qu’une cinquantaine de pèlerins accourus du monde entier breton pour se recueillir place du Bouffay, devant la plaque commémorative de l’exécution du Marquis de Pontcallec, conspirateur décapité en 1720. Les mêmes vont se rameuter en avril prochain. Ce qu’on appelle aimer son prochain.