La correspondance des canards

Publié par lalettrealulu le

Pellerinage

C’est à regretter de ne pas porter de bretelles pour se les faire remonter.

Correspondant local de presse au Pellerin pour Ouest-France depuis cinq ans, Francis Barbier a fini par déplaire à l’équipe municipale en place, tendance rose bon teint, menée par un dénommé Daniel Morisson, par ailleurs obscur conseiller général. Il doit confondre avec surveillant général. Et ne supporte pas que ce correspondant, qui fut précédemment libraire, puis rédacteur dans la pub, ne correspond pas à l’idée du rapporteur servile des faits de gloire permanents de la brave municipalité. Pire, il ne passe pas intégralement tous les communiqués de la mairie socialisse ! Une telle insoumission en ferait presque un suppôt objectif de l’opposition, un réfractaire à la société de communication, voire un dangereux adepte du nihilisme périurbain. Le plumitif est du genre de type à remarquer dans ses colonnes que lors des élections des reines locales, la fille de la première adjointe Valérie Demangeot se présente et fait deuxième, alors que la fille d’un membre du comité des fêtes organisateur de la soirée, finit troisième. Il relève jusqu’au burlesque de la situation où le présentateur interviewe consciencieusement sa propre fifille chérie comme s’il ne la connaissait pas, en la vouvoyant, faisant mine de découvrir un jeune talent prometteur de la topmodelisation d’extraction pellerinaise. Jusqu’à ce que Francis Barbier se fasse tancer au téléphone par la nouvelle chef de cabinet qui lui demande pour qui il se prend et le convoque pour explication en mairie. Sans sommation. En précisant même qu’un “dossier” a été constitué contre lui. Bigre ! On lui reproche – c’est à deux doigts du crime contre l’humanité – de survaloriser la culture au déficit du social, que gère justement la première adjointe courroucée. Heureusement, le correspondant s’est fait soutenir par la rédaction nantaise du journal venue l’épauler pour contrer cet autoritarisme municipal qu’aucun dérapage du correspondant ne vient même justifier. Correspondant, ça correspond à quoi, en fait ?