Gros tarif par tête de pipi

Publié par lalettrealulu le

Pipiroumes

Cet été, le tarif exigé par la dame pipi de la gare SNCF nantaise est passé de 0,3 à 0,4 euro par petit besoin. Soit 33 % de hausse ! Les cuisses serrées, le peuple s’apprête à se révolter. La cité qui se targue d’accueillir le Forum des droits de l’homme traite plus mal l’homme que le chien dont le droit de pisser librement est garanti. En ville, les pissotières à péage coûtent six fois plus cher qu’elles rapportent*. Nantes loue 24 sanisettes payantes pour la modique somme de 383 372 euros par an. À coups de pièces de 50 cents d’euros par miction, ces petits besoins n’ont rapporté que 35 604 euros de recette à la collectivité. La précédente reconduction de contrat avec Decaux remonte à 1997. Et c’est reparti jusqu’en 2011. Avec un tel déficit annuel, on pourrait facilement embaucher au SMIC 150 dames pipi trimballant un seau et des cabinets mobiles, pliables, en toile, déployées au coin des rues. Ou lancer des programmes d’éducation pour que chacun apprenne à muscler sa vessie. C’est vrai quoi à la fin.

Le sociologue Julien Damon propose un système où les bistrotiers “toucheraient des subventions en échange d’un accès libre à leurs toilettes. Bref, une sorte de délégation de service public**”. Allons, monsieur Ayrault, un peu d’audace, faisons de Nantes la ville de l’avant-garde du petit besoin ! Après les vespasiennes, les ayraultinettes, ça serait pas classe ?

* Ouest-France, le 3 septembre 2004.
** Libération, l
e 24 novembre 2003.